Bertrand Tavernier a posé ses caméras dans le Cantal pendant plusieurs semaines pour le tournage de son prochain long-métrage, "La Princesse de Montpensier". La Montagne vous entraîne en avant-première dans les coulisses de ce film déjà très attendu.
Incroyable transition. D’un côté le village de Raulhac, où à cette heure de la journée, les âmes qui vivent ont déserté les rues. De l’autre, le château de Messilhac (voir ci-dessous), mué en plateau de tournage, et à côté duquel l’effervescence de la plus affairée des ruches ferait pâle figure.
C’est là, notamment, que Bertrand Tavernier a choisi de planter ses caméras et son talent pour la réalisation de son prochain film, "La Princesse de Montpensie"r, long-métrage historique dont l’intrigue prend racines au XVIe siècle.
Saisissant
Deux semaines au château. Une poignée de jours pour sortir le joyau architectural de son sommeil séculaire. Pour écouter les pierres, murées dans le silence de la modernité, réveiller les souvenirs épiques d’une époque révolue.
Saisissante transition. Au pied du promontoire rocheux, piédestal de l’imposante bâtisse, des dizaines de silhouettes s’affairent, rouages consciencieux d’un mécanisme fragile.
Ici, des figurants en costume attendent leur heure, chaudement emmitouflés dans des blousons anachroniques. Là, des accessoiristes fignolent méticuleusement les détails du voyage dans le passé. Et là encore, des dresseurs de chevaux apaisent et préparent les montures, au milieu du manège des pick-up convoyant le matériel.
Prison de luxe
Un petit village qui monte et démonte, place, déplace et replace, branche et allume, pose et dispose. Pour construire le rêve, pièce après pièce.
Pour que, de l’époustouflant décor naturel, jaillisse la magie de l’illusion. De ces écuries par exemple. Un décor, inexistant il y a quelques semaines encore. Si récent, mais si vrai. Et tellement efficace que même une fois la brillante supercherie révélée, les bouches en restent bées d’admiration incrédule.
C’est là, dans le scénario, que la Princesse de Montpensier séjournera, derrière des ors et des dorures en forme de barreaux. Une prison de luxe qu’elle découvre, stupéfaite, au sortir de la calèche qui roule vers son destin. Cette scène doit d’ailleurs être tournée dans la journée. Le temps se gâte, et surtout, il presse. Pas question de ralentir le rythme.
Soudain, au-dessous du brouillard sonore, une voix s’élève. Et toutes les autres baissent d’un ton. Bertrand Tavernier expose ses dernières indications, dans un joyeux mariage entre langues de Molière et de Shakespeare, afin que chaque membre de l’équipe en saisisse la substance.
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