
En fait, ça se trouve entre Feniers et Saint-Bonnet-de-Condat, donc pas du tout sur la commune de Marchastel. Et c'est sur la commune de Lugarde. Je suis en train de chercher sur Google Earth mais c'est pas simple
Les trous à glace de la Cheire de ComeLes trous à glace ou glacières naturelles sont des curiosités peu fréquentes qui se rencontrent dans plusieurs régions (Jura, Vercors, Pyrénées, Auvergne...) et dans différents types de terrains : calcaires (dolines, gouffres et grottes) et volcaniques.
Ils se caractérisent par la présence persistante de glace ou de neige, au fond de dépressions naturelles, au moins jusqu’au milieu de l’été, dans des régions d’altitude moyenne, bien inférieure à celle des "neiges éternelles" (isotherme 0°C)
Différentes explications ont été proposées.L’une des plus répandues (Philippe Glangeaud, R Jouanisson) envisage la formation directe de glace estivale par évaporation de l’eau.
Cette hypothèse est fondée théoriquement sur les propriétés thermodynamiques particulières de l’eau (dues à l’existence d’une forte liaison hydrogène entre les molécules) :
chaleur latente de vaporisation ou condensation = 539 cal/g,
chaleur latente de fusion ou congélation = 80 cal/g.
Il faudrait multiplier ces chiffres par 4180 pour une expression dans l’unité légale actuelle en joules par Kg.
Peu importe, cela revient tout simplement à dire que l’évaporation d’une masse d’eau produit assez de froid pour en congeler environ sept fois plus.
L’expérience faite par Leslie marche très bien en laboratoire : production de glace par évaporation d’eau sous vide, en présence d’un puissant déshydratant (acide sulfurique) qui absorbe la vapeur produite. Elle a même été commercialisée à la fin du XIX ème pour fabriquer de la glace avec l’appareil de Carré.
La production du froid par l’évaporation est à l’origine de la régulation du climat, et de la température des êtres vivants par transpiration ou sudation. L’alcarazas, cruche en terre poreuse, ainsi que la gourde entourée d’un tissu ou d’un simple journal mouillés, gardent l’eau fraîche en été.
Des mesures, réalisées avec V. Farlay, montrent cependant que la diminution de température ne dépasse pas 8° C dans du coton hydrophile ou de la mousse imbibés d’eau et placés dans un courant d’air sec à 23°activé par un ventilateur.
D’autre part, on constate que l’eau ne se congèle pas, dans des récipients déposés après l’hiver dans les trous à glace.
Il s’agit donc de glace hivernale qui se conserve plus longtemps, dans des conditions particulières.
Les trous à glace de la Chaîne des Puys (cheires du Puy de Come et des Puys de la Vache et Lassolas) correspondent à des dépressions, profondes de 4 à 8 m, au milieu de la végétation (hêtres, noisetiers...) qui fait de l’ombre et limite l’action du vent. Les versants et le fond sont tapissés de mousse et de plantes ombrophiles qui maintiennent la fraîcheur par évapotranspiration.
La glace s’observe dans de petites cavités situées au fond. Elle est souvent protégée par une couverture de feuilles mortes qui améliore l’isolation thermique. Dans ces trous à glace qui constituent un piège à air froid, on observe un fort gradient thermique vertical : la température passant rapidement de 20 à 2°C en quelques mètres : l’air immobile est thermiquement stratifié en raison de l’augmentation de sa densité avec l’abaissement de la température du à la présence de la glace (cause et non effet).
Origine de la glace
Durant l’hiver, la neige peut s’accumuler au fond de la dépression par un effet d’entonnoir sur les versants ou par l’action du vent dans certains cas.
De la glace peut aussi se former par congélation des eaux d’infiltration en raison des particularités locales des cheires.
Explications : les coulées de laves, d’aspect chaotique, ont été fortement disloquées et fracturées au cours de leur mise en place : les parties déjà solidifiées étant transportées ou déplacées par l’écoulement du magma. L’air (et l’eau) peuvent donc facilement circuler entre les blocs disjoints et dans des fissures béantes parfois pénétrables. La température du sous-sol étant relativement constante, une circulation ascendante (comme le tirage d’une cheminée) se produit en hiver, à partir du fond des trous vers la surface.
De l’air très froid peut donc pénétrer dans des conduits souterrains, et sur les premiers mètres congeler les eaux d’infiltration.
En été le courant d’air s’inverse et la glace souterraine va commencer à fondre à partir de l’intérieur, la fusion de la partie visible au fond du trou à glace intervenant en dernier (un peu comme un iceberg dans la mer !) J’ai pu le vérifier en m’insinuant dans certaines ouvertures, et aussi en visitant des caves à fromages en ruines, prés de Bannières. Elles ont été aménagées en 1840, pour affiner le Bleu de Pontgibaud, dans un ancien trou à glace qui figurait sur la carte de Cassini, et la glace s’y forme toujours, dans les conduits naturels conservés pour la ventilation.
Jean-Pierre Couturié, géologue
maître de conférences honoraire à l’Université Blaise Pascal
Source : stbonnetdecondat.free.fr