Je me présente!
Vous voudrez bien me pardonner cette présentation un peu longue.
Je la destinais à un bouquin que je suis en train d'écrire.
En effet cette semaine alors qu'un nouveau membre se présentait sur le forum je constatais que depuis le printemps que je vous parles je n'avais pas encore fait cette démarche. Croyez moi j'en ai honte.
Pourquoi ce pseudonyme?
Tout simplement par le fait que ma grand mère paternelle, mon père et aussi mes cousins y ont passé une bonne partie de leurs vies. c'était avant la décolonisation. Y a un siècle, y a une éternité.......... Mais aussi par ce que j'aime ce continent, ses hommes, ces paysages, sa faune, sa flore.
Autant vous le dire tout de suite, j'ai fait partie d'une catégorie de fonctionnaires que le commun des mortels a l'habitude de "charrier". Mais c'est pas grave. Il s'agit de la gendarmerie.

Je suis originaire du cantal. D' Aurillac plus précisément, pays des parapluies, et , des tripoux. Mais j'ai grandi dans la vallée des poètes. La vallée de l'Authre. Issu de la génération 68 dont je suis un pur transfuge, je possédais et possède encore, une façon relativement objective de voir certains côtés de notre société, avec ses travers, ses injustices. Ainsi pour vous mettre à l'aise, je ne "rentrais pas exactement dans le moule". Souvent tant mes collègues que mes "supérieurs" hiérarchiques m'ont regardé comme un type un peu zarbi. Un estranger dans la boite à pandores. hé! attention je fais pas une psychothérapie. Je narre.
A l'issu des événements sus-nommés, je me dirigeais vers l'enfance inadaptée (IMP). puis vint le temps du service National. J'optais pour les force françaises en Allemagne, ce qui me fut accordé sans peine, puisque personne ne voulait y aller. Pensez! chez les boches! Pour moi ce fut un ravissement! Non seulement ça me permettais de constater que le cantal n'était pas la seule merveille du monde mais qu'il existait des gars comme moi venant de divers coins de France, même un franco-candien. Ca permet d'élargir encore plus son jugement. j'y retrouvais même un petit fils de "madame la comtesse" de Marmanhac : Un gars super. Des fois je le rencontre dans le village. Il n'a pas changé. Toujours nature et pas fier pour un sou.
Une fois libéré de mes obligations je m'engageais dans la maréchaussée. Là aussi j'optais pour la Germanie. Décidément il me plaît ce pays, sa culture aussi, même s'il nous a fait des misères un jour. Avec l'aide d'un oncle officier dans cette institution (merci encore tonton)je partais faire mon stage de formation pour BERLIN. Traversée de nuit de la RDA en train, rideaux baissés, VOPOS-casqués-bottés, chiens hargneux en laisse, sur les quais des gares, rideau de fer : Atmosphère-atmosphère. BRRRR.
A l'issue, je me retrouvais dans " la Gendarmerie Mobile" non! Pas la garde, à Yvry où je faisais la connaissance de ma femme. Puis VERSAILLES-SATORY. Enfin, nous arrivons dans le Rhône dans une Brigade territoriale dont je cacherai le nom. Elle fut dirigée par un "père de famille".j'en ai pas vu beaucoup comme lui.
Lorsqu'il partit à la retraite il fut remplacé par un individu machiavélique qui administrait son équipe en créant adroitement des clans: Un requin. Avec tous ses accessoires. Ses rémoras et ses poissons pilotes. Les premiers restaient fixés à ses basques bénéficiaient de toutes ses faveurs, largesses. La garde rapprochée en qq sorte. Les seconds tournaient tout autour, relataient, déformaient, amplifiaient les évènements, les propos des uns et des autres, de ceux qui travaillaient.
En contre partie le vivier pouvait nager en toute quiétude dans ces eaux troubles, ce qui me révoltât et révoltât un nombre restreint, il faut le dire, des éléments sains de la brigade. J'en fit part de multiples fois à ce gradé qui fit en sorte que notre groupe de quatre se trouvât isolé.
Il advint qu'un soir de libations, des sévices furent commis sur un "djeuns" gardé à vue. Ce qui déclencha une enquête de commandement, qui fit ressortir une quantité d'autres graves dysfonctionnements. Qui dit bœufs carottes dit auditions : Nous fûmes alors qualifiés de délateurs. Puis ces messieurs furent mis à pieds. Puis jugés. Puis condamnés. Cependant la hiérarchie peu reconnaissante pour notre honnêteté, prit la précaution de nous muter en 1998, pour notre protection nous a-t-on dit, l'un à 150km, moi à 200, à la frontière suisse, les 2 autres à 50: ils étaient moins précis dans leurs témoignages.
Finalement, je fus "rapproché" dans la Loire. Peut être par-ce-que j'avais dit au colon qu'à côté de Genève, j'avais plus qu'à me flinguer.
J'arrivais donc en célibataire-géo pour 7 ans à Saint Chamond. Bien que puni par cette mesure, j'y passais du bon temps. Mes nouveaux camarades, prévenus anonymement par un des mes anciens collègues "qu'une balance arrivait", m'y ont laissé ma chance. Et je fus adopté. Sous le sobriquet de PAPY; hé oui! j'étais le plus vieux. Qu'est-ce-qu'on a rigolé. Nous étions dirigé par un adjudant! Vous avez pensé que CRUCHOT était une exagération. Hé! ben non! J'ai trouvé mieux. Même bonhomie. Mêmes colères. Mêmes mimiques. Mais il ne le faisait pas exprès lui. Pour vous dire! le 11 septembre 2001 alors que les flics de la ville gesticulaient dans tous les sens, contrôlaient à qui mieux-mieux les "djeunes", brefs faisaient leur travail: Qu'est-ce qu'on a fait, nous? les corvées de nettoyage du casernement et des abords, tonte des pelouse.... C'est pas beau ça?
Malgré ce long exil, je dois bien l'avouer, dans cette belle région du Pilat (celui de la loire, pas celui de la dune) ce ne fut pas la période noire que j'avais prévue, hormis l'éloignement de ma petite famille. 20 km de la "capitale des gaules ", les llers-retours multiples, conduites aux collèges des enfants . Oui, c'est vrai, dans la Loire, je me suis fait de bons amis: les patrons de "la Jasserie" une ferme auberge - Marie-Pierre la joviale Burkinabè et sa fille Dany repartie à OUAGA. - Harrouna et Assita les gentils tchadiens , Suzanne, la bamilékée et bien d'autres ligériens.
Après une dernière mutation dans la brigade voisine, faisant également partie du PAPY BOUM je prenais ma retraite, bien méritée où vous me trouvez maintenant dans le sud du beaujolais.
Non je ne suis pas vieux. je n'ai que Te-six ans comme dit ma soeur. Et j'ai pas l'intention de vieillir vite. Je bouge, je jardine (décoratif, je vous ferai voir mon jardin un jour), je peins. Savez, la retraite c'est pas le trou noir, sauf pour celui qui le veut.

merci de m'avoir lu.